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chere tribu,

sorry David d’etre restes plus d’un mois sans nouvelles ;c))

au dernier recit, nous etions a Chelyabinsk. de la, 2000 km ou 35 heures de train pour rattraper un peu le temps qui passe trop vite. c’est cool le train !!!. rien d’autre a faire que dormir, lire, manger et bavarder.

de Krasnoyarsk a Oulan Oude, a peu pres 1700 km (le plus direct n’est pas cnouskonpedale !!!) et nous sortons enfin de l’obscurantisme: nous comprenons desormais l’origine des montagnes russes, celebre attraction populaire des parcs d’attraction. et surtout 80% de la route qui nous a menes de Krasnoyarsk a Oulan Oude. ca monte, ca descend, ca tourne, et ca remonte, ca redescend, etc … qui a cru que la Siberie est plate ??? certaines descentes faisaient 9 km de long (le pied !!!), d’autres montees allaient au-dela de 10 km pour le plus grand plaisir de Dom qui aime se faire mal.

et la route … ben pas toujours asphaltee, nous sommes en Russie tout de meme, et il nous est arrive de faire 40 bornes sur une piste defoncee et caillouteuse (seulement un rayon casse, pas de crevaison !!!), max 7 km/heure, alors qu’il s’agit de la route unique a travers le sud de la Siberie, un axe majeur. plus rien ne nous etonne en Russie !!!

les yagadas, c’est le mot generique en russe pour designer les baies en tout genre: fraises, framboises, myrtilles, … et a cette saison de l’annee, la nature et les jardins en sont combles. a tel point que les gens nous les offrent en masse car eux en sont gaves. ils les ramassent dans les bois et les pres, et les vendent par seaux entiers sur le bord de la route. les jardins sont merveilleux, garnis a profusion. une nature genereuse et abondante apres les rudes mois de l’hiver.

il en est de meme de tous les paysages, des forets denses, des prairies vastes, colorees (jaunes, mauves) et herbeuses, le vert intense est la couleur dominante. une nature vierge car aucune voie aisee n’y accede. cette incroyable nature offre au voyageur l’immense liberte d’etablir son campement ou il veut. pas de restrictions, mis a part quelques reserves naturelles, la propriete privee existe a peine. seul hic, c’est toujours le TGV russe ou Train a Grand Vacarme !!! la ligne unique suit la route unique .. avec nos velos charges, on peut difficilement nous en eloigner pour la nuit et le « doux » bruit du train « berce » nos nuits c(( ce n’est pas l’un ou l’autre train, mais une circulation intensive de trains de marchandises et de passagers. alors c’est plus ecolo mais ca perturbe la quietude de ces surperbes endroits.

c’etait un reve, un nom mythique, … nous l’avons vu, nous l’avons touche, nous l’avons goute: le BAIKAL … une masse d’eau cristalline, pure, a tel point qu’on peut boire en nageant. completement gele l’hiver, l’eau y est bonne pour la baignade l’ete (dingue !!!). nous en avons profite, nous l’avons longe durant une semaine, un pincement au coeur quand notre route s’en est devie. et il parait que nous n’avons as vu le plus beau … les rives sont montagneuses, des falaises qui se jettent dans l’eau, des torrents purs qui l’alimentent, splendide.

amoureux de la Russie, encore plus de la Siberie, nous voulions prolonger notre visa dans le pays de quelques mois. nous realisions alors que nous restions d’eternels insatisfaits, que nous en voulions plus et toujours plus, assoiffes de cette belle nature, de rencontres de ce peuple attachant. nous nous sommes alors resolus a accepter qu’a velo nous ne pourrions tout voir, que nous avons choisi la transhumance et par consequent nous sommes amenes a quitter, a aller plus loin, a passer, … mentalement nous nous preparions a aller ailleurs, a aller savourer d’autres gouts, humer d’autres odeurs, contempler d’autres splendeurs, …

plus de 5000 km parcourus en Russie et on realise que malgre l’immensite du territoire, les maisons et les blocs de beton urbains se ressemblent, pas de particularites regionales au niveau de l’architecture. tous les Russes mangent la meme chose a travers tout le pays; ils cultivent les memes legumes, cueillent les memes fruits et en font les memes conserves pour l’hiver. et quel que soit le type ethnique … ici a Oulan Oude, en majorite les visages sont arrondis, les yeux brides, les nez aplatis, mais la vie est la meme qu’a Saint-Petersbourg, Kazan ou Chelyabinsk. cette uniformite nous epate, nous espante. incroyable Russie !!!

tout au long de notre itineraire en Russie, nous avons recu une incroyable quantite de bons voeux de la part des gens: heureux voyage (traductin litterale), bonne chance, bonne route, … et croyez-le ou non mais quand ce fil est long de 5000 km nous nous sentons enrobes de bienveillance. un fil d’energie positive, de bonnes intentions, notre etoile ne travaille pas toute seule, c’est un reseau que nous avons cree.

nous sommes a 230 km de la frontiere avec la Mongolie et bientot 8000 km au compteur. petit a petit nous faisons notre route. petit a petit nous avancons. nous relativisons les distances; nous nous sentons loin et tellement pres a la fois.

ce ne sera qu’une premiere etape en Mongolie, que nous traversons via Oulaan Baator et un bout du Gobi pour rejoindre la Chine et Pekin fin novembre au plus tard. l’objectif est de rejoindre le sud, un climat plus clement pour l’hiver. nous y retournerons l’ete prochain plus longuement, pour profiter de l’ete, septembre pouvant deja etre froid; la Mongolie est un des pays les plus hauts du monde.

nous aussi nous sommes avides de vous lire autant que possible. gourmands de lectures, les pensees ne nous suffisent pas toujours. le temps passe … nous vous esperons tous en forme et heureux.

on vous embrasse bien fort,

les amoureux a roulettes

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Plus de 6000 km au compteur … Dans quelques jours, deja une annee de voyage … Tellement de bonheur …

Nous venons a peine d’enfourcher nos montures, de dire au revoir a notre hote, il est passe midi quand, en pleine montee, DoM entend un homme nous courir apres. Premiere reaction, comme ca nous arrive plusieurs fois par jour, on ne peut pas repondre a toutes les personnes qui nous accostent, ou “encore un adepte de la vodka dont on ne va pas comprendre les douces paroles” … Mais l’homme persevere, nous poursuit en courant et nous parle en anglais: Kim, suedois et Phil, anglais, traversent la Russie a velo. Les premiers etrangers que nous recontrons et qui voyagent comme nous … Allez, au point ou nous en sommes la montee au col peut bien attendre …

Les deux comperes n’en sont pas a leur premier periple a velo. D’abord entre les gouttes de pluie, puis autour d’un the pour nous rechauffer, nous partageons nos experiences a travers cette incroyable contree. Nos motivations se rejoignent: attester de nos propres yeux qu’il existe une Russie autre que celle qui est decrite par nos media. Par contre, nos facons de la parcourir et nos ojectifs different. Kim & Phil peuvent parcourir 170 km en une journee. Quand on leur demande leur itineraire, ils disent qu’il vont vers l’est, ne connaissent pas la geographie du pays, et en rougissent. Ils restent sur les gros axes, le nez dans le guidon, ne penetrent pas a l’interieur du pays. Ils font des rencontres eclairs sur le bord de la route et considerent comme une interview les questions que les gens leur posent. En plusieurs semaines dans le pays, ils n’ont jamais experimente le banya, l’incontournable sauna traditionnel russe, et n’ont jamais bu un verre de vodka avec un Russe.

Nos amis restent humbles de leur prouesse physique. C’est une belle rencontre;

nous tentons mutuellement de nous mettre a la place de l’autre. On accepte leur facon de voyager, chacun sa route, chacun son chemin; toutefois, on trouve dommage que, dans un pays aussi accueillant, ils n’aillent pas a la decouverte de la culture. Bonne route a vous les amis !!!

Nous realisons une bonne fois pour toutes, qu’avec la contrainte de temps liee a notre visa russe (il se termine fin aout), nous n’aurons pas le temps de parcourir a velo toute la distance que nous voulions. Nous esperons pouvoir obtenir une extension de quelques mois et aller jusque Vladivostok, mais quoiqu’il en soit nous devons combiner avec quelques trajets en train. Petite frustration malgre tout, mais notre maniere de voyager demande du temps. Le temps de contempler, de rencontrer, d’humer, de decouvrir, de jouir, de profiter, de prendre notre temps … Nous faisons beaucoup de rencontres et nous aimons honorer nos hotes jusqu’au bout, ce serait rompre l’echange que d’ecourter ce temps a passer ensemle. Pas question de passer a cote d’une rencontre sous pretexte des km a parcourir, nous en serions a rendre ces km comme l’objectif de notre aventure.

Voila, Nicolas Bouvier a raison “On croit qu’on va faire un voyage, mais bientot c’est le voyage qui vous fait, ou vous defait.” Nous ne lutterons pas, ce n’est pas necessaire, nous somme tres heureux de notre parcours, nous nous sentons en plein accord avec nos envies, nos desirs, nos visions. Ce voyage est inepuisable de richesses et de tresors.

Nous avons traverse l’Oural, la frontiere geographique naturelle entre les continents europeen et asiatique: nous sommes en Asie, aux portes de la Siberie … Nous continuons a nous emerveiller de ce pays. Plus nous progressons vers l’est, plus l’accueil est incroyable et tellement simple. Nous recevons des invitations surprises a tout moment de la journee, les gens poussent leurs murs pour caser dans leur ‘2 pieces’ tout notre equipement encombrant, y compris les velos (il n’y a souvent pas de cave), et font tout ce qui est en leur pouvoir pour nous mettre dans un cocon (parfois un peu trop mais ca fait partie du jeu).

Dans ces dernieres regions que nous avons traversees, nous avons constate un beau brassage culturel: les religions se diversifient, les nationalismes s’expriment, les visages s’arrondissent, les yeux se brident, les cheveux foncent. Une belle richesse culturelle … Les villageois sont ravis de notre curiosite quant a leur mode de vie. Le pays investit beaucoup dans les villes, les villages sont delaisses, meurent petit a petit, inexorablement, et nos hotes sont surpris et ravis que nous, les occidentaux, nous portions cet interet a leur vie chiche, modeste, simple, que nous soyons arrives chez eux par ces pistes cabossees qu’ils pensent impraticables pour nous. Ils nous le rendent bien … Beaucoup d’entre eux n’auront jamais la chance de pouvoir venir chez nous et ils nous considerent comme des fenetres sur l’Europe; nous sommes devenus des messagers … D’autant plus que notre Russe s’est bien ameliore, enfin ca doit ressembler a un truc carrement bizarre mais nous nous faisons comprendre et c’est bien la l’essentiel.

Notre vie de nomade nous procure une immense liberte. Quel plaisir intense de pouvoir nous arreter ou nous voulons, et d’y installer notre nid pour quelques heures. La nature russe se prete parfaitement a ce mode de vie: la propriete privee existe a peine, pas de risque d’envahir le territoire de quelqu’un, l’espace est immense, riche en petits coins sympas quand on parvient a eviter le train a grand vacarme (ici aussi ils ont le TGV), les grenouilles qui concertent toute la nuit et les hordes de moustiques sauvages ;c)) Une nature sauvage et tellement variee a travers laquelle nous ne ressentons pas de lassitude de transhumer a vitesse humaine.

Yves, tu nous avais dis que nous recevrions des cadeaux … Ils sont nombreux … Non contents de deja nous offrir une si genereuse hospitalite, nos hotes nous gatent un peu plus avec de l’artisanat local, un talisman du Coran, 2 kg de pommes de terre (c’est lourd hein DoM ?), un pot de miel bashkir et parfois meme quelques roubles pour nous aider a aller plus loin. On nous offre l’hospitalite, le the mais aussi tout simplement de l’aide a trouver le puits pour y prendre notre reserve d’eau, en nous escortant a travers la ville ou en reparant un odometre casse. C’est de cette generosite humaine que nos coeurs se gonflent chaque jour.

Arsene est musicien. Nous sommes en train de pique-niquer dans un petit village quand il s’approche de nous et nous propose de jouer de l’accordeon et de chanter pour nous. Quelques mamans attirees par le son festif nous rejoignent et se mettent a danser. Un inoubliable moment de joie …

Nous sommes dans une cantine, il fait trop froid pour pique-niquer, et c’est Alexandre qui vient nous tenir compagnie. Sauf qu’il est tellement saoul que nous ne parvenons pas a comprendre ce qu’il nous raconte. Mais il s’accroche et parle et parle; certainement un grand philosophe … Nous avons maitrise l’art de nous montrer interesses a son discours, que faire d’autre …

A Yermounchino, un village bashkir au-dela duquel la route s’arrete, Rim est invalide mais s’occupe meticuleusement de ses ruches. En nous faisant gouter son miel succulent qui degouline encore des alveoles, il nous confie qu’il ne regrette en rien l’epoque sovietique (meme si le systeme actuel n’est pas la panacee) ou il avait peut-etre une meilleure securite d’emploi, ou la vie etait moins chere, ou il avait de l’argent mais rien a acheter et surtout aucune liberte. En general, dans les villages, les gens regrettent cette epoque; nous apprecions sa lucidite.

Il y a eu aussi Teddy, ou Bouba, ou Winnie, un ours quoi. Nous descendions a pieds (on a lache les velos durant 3 jours, quelques vacances au bord d’un superbe lac) d’un petit sommet et il est apparu furtivement. Une boule de poils bruns, une grosse masse pataude mais qui se deplace avec leste a travers la foret. On a reussi a le suivre encore un peu des yeux mais c’etait trop court. Quel moment de bonheur et d’emotions.

Il pleut. A Cim, nous cherchons un cafe pour dejeuner au sec. Un homme nous accoste et nous invite chez lui, comme ca spontanement. Aviel a a peine 30 ans, est Pope et vit dans une isba qu’il retape depuis 3 ans pour y accueillir son eglise. Il vient d’une petite ville du Tatarstan, a un jour ouvert la carte et au pif a pointe cet endroit, celui ou il allait fonder son eglise. Une rencontre un peu insolite, dans ce monde un peu austere de l’eglise orthodoxe russe. Il nous emmene en balade et nous nous retrouvons bien autour de notre amour de la nature. Le soir c’est banya et DoM aura l’immense honneur d’etre masse par des mains religieuses …

A Chelyabinsk, ou nous sommes arrives mardi soir, c’est chez Piotr que nous squattons. Il a appris 10 minutes avant notre arrivee, par l’intermediaire de son ami Roman (que nous avons rencontre sur Internet), qu’il allait accueillir 2 Francais qui voyagent a velo. Tout est en place sauf qu’il n’a pas d’eau chaude en ce moment car la ville repare les canalisations. Qu’a cela ne tienne, il se demenera toute la soiree pour que nous puissions prendre une douche chaude, au detriment de manger a temps et de faire souffrir nos estomacs creuses par les 83 km de la journee. A l’heure du repas, il nous ouvre son frigo rempli de pommes, d’oranges et de pamplemousses, les ingredients de son regime alimetaire !!!

A vous tous que nous avons rencontres sur notre route, nous ne pourrons jamais assez vous dedier notre reconnaissance.

Demain soir nous prendrons le train en direction de Krasnoyarsk, a plus de 2000 km d’ici, 2000 km de steppe monotone, infestee de moustiques, ca ira nous ne regretterons pas trop … 35 heures de voyage, on aura experimente une bribe du Transsiberien … On stresse un peu car nous ne sommes autorises qu’a 50 kg chacun et un volume dont l’addition des 3 mesures ne depasse pas 180 cm; nous avons en tout 167 kg et un volume qui explose les contraintes imposees. Faudra simuler notre naivete de touristes qui ne comprennent pas grand chose au systeme et faire un grand sourire un peu benet a la mama responsable de notre wagon pour faire passer la pilule. Ca promet … Et apres ca sera le lac Baikal en ligne de mire …

Bel ete a vous tous.

Kazan, capitale du Tatarstan. Voila ou nous reprenons des forces durant quelques jours. La distance depuis notre station d’hivernage, Nerehkta, n’est que de 861 km (au compteur tout neuf de Cynthia), mais deja une belle brochette de rencontres et que’ques belles aventures.

A commencer par notre premier jour, en debut d’apres-midi, le 15 avril dernier. Nous avions donne rendez vous a qui voulait pour faire quelques km avec nous. Le centre qui nous a accueillis a prete des velos pour ceux qui n’en avaient pas, ce qui nous a permis de nous offrir le luxe d’une escorte de 18 amis. 6 filles de Kostroma et Maxime qui avaient participe au camp musical, 6 copines de l’ecole 4 dans laquelle nous avions travaille, Natalia (amie prof d’anglais dans une universite a Kostroma), Ira notre amie de Yaroslav, Jeanne (compagne de Oleg notre bienfaiteur pour l’hiver) et enfin Daria (amie et interprete au camp musical) et Alex (son ami). Apres une premiere separation avec nos amies de Kostroma, nous avons enchaine avec le reste de la bande. Sans commentaire, on aime pas les separations … Alex nous a encore accompagnes sur quelques virages et en a profite pour se faire les mollets sur la monture de Cynthia. A notre grande surprise, il nous a annonce qu’un voyage a velo vers la France serait envisageable … paroles ou pedales en l’air ??!!!! A toi de pousser un peu plus loin le sujet chere Daria ;-)) Attendez quand meme qu’on soit de retour. Et puis on aura l’occasion d’en reparler quand vous nous aurez rejoints dans la region de Irkoutsk ;-))

Plus que quelques secondes et … ca y est Alex n’est plus en vue, ca y est nous sommes a nouveau seuls. A nous la route, puis la piste, les grands espaces et enfin le monde. Il etait grand temps de reprendre le voyage et de respirer a nouveau la nature et notre chere, tres chere liberte. Qu’il etait bon de se sentir a nouveau en partance vers un inconnu de rencontres et d’histoires nouvelles. Ca sonnait a nouveau comme un grand depart, peut etre pas aussi important que le 29 juin 2006, mais tout aussi grisant. Et puis ces nouveaux coups de pedales sont porteurs de nouveaux horizons qui n’ont plus grand chose a voir avec l’Europe. A savoir d’ailleurs qu’auparavant, Kazan etait consideree comme le debut de la Siberie.

Nous nous rejouissions de passer notre premiere nuit sous la tente. Quelques km avant notre suppose point de chute, nous faisons des courses dans un magasin et nous rencontrons Valere et Svieta qui nous accostent et nous disent qu’ils nous ont vus a la tele. L’invitation a passer la nuit chex eux s’en est suivie, comme une logique implacable et notre reponse positive les a rejouis. Tant pis pour la tente, on aura bien l’occasion de l’apprecier une prochaine fois. Le bania et le repas etaient au programme, et la soiree fut arrosee d’un peu de vodka, de the et de bonne humeur.

Ce fut une petite nuit et un depart matinal le lendemain, un autre bon souvenir en poche.  La deuxieme etape s’est faite chez nos amis de Ples, Andre et Liena. Nous en avions parle dans un mail precedent. Il est Francais et elle est Russe. Une fois de plus, ils nous ont superbement accueillis et plus encore. Nous ne devions y passer qu’une seule nuit, mais la sante de Cynthia s’est degradee durant la nuit et le reveil difficile et les conseils de nos hotes nous ont fait pencher pour un repos force. C’etait necessaire et le lieu se pretait parfaitement pour la recuperation de notre heroine. Nous avons aussi pu y revoir notre amie Olga (la directrice du musee du peintre Levitan) et passer un bon moment en sa compagnie. Un chaton dans la gorge de Cynthia et les mollets regonfles, nous avons repris la route et evitant de trop s’attarder sur les adieux. Merci a vous, Andre et Liena, vos bons soins et la chaleur de votre accueil nous ont fait beaucoup de bien. On vous souhaite longue et belle vie.

A nouveau sur la route, nous avions prevu de continuer par la rive nord de la Volga, mais la saison de la peche a eu raison de nous et d’une eventuelle barge; nous tracons finalement sur une ligne en diagonale nord/ouest sud/est qui nous mene a travers des pistes cahotiques mais vierges d’urbanisme et riches d’air pure. En direction de Nijnyi Novgorod, notre prochaine grande ville etape.  Tranquillement nous retrouvons notre rythme precedent notre hivernage en entrant dans des pseudo meditations, chacun sur nos selles quand nous ne sommes pas en plein echange de feelings concernant notre environnement direct ou a parler de notre passe ou de notre futur. Et a refaire le monde, car il faut bien le dire, notre monde ne tourne pas aussi rond que nos belles roues crantees. Oui bon, elle est facile …

Qu’il est bon de se laisser aller en roulant, a flaner, a saluer, a humer, a ecouter, a ressentir, a se sentir vivre tout simplement.  Etrangement, c’est un jour ou nous sommes le plus en attente d’une invitation que nous sommes incapables de trouver un toit chauffe. Le chaton dans la gorge de Cynthia a decide d’y camper et meme de grandir. Elle sent la fievre et la fatigue s’accumuler et le the offert par le pere d’une grande famille (c’est pourquoi il ne peut pas nous loger, manque de place) nous reconforte bien. Cet homme va meme m’accompagner pour tenter de denicher une babouchka ouverte a nous recevoir pour la nuit … en vain. Apres une averse de flocons/grelons, nous remplissons nos poches a eau et repartons un peu penauds a la recherche d’un terrain isole pour poser la tente pour un deuxieme repos force. Finalement, le temps a ete clement avec nous et nous avons passe deux nuits et un jour complet dans ce bout de campagne. Cynthia se dit qu’apres tout, emitouflee dans sa doudoune et ses grosses chaussettes et sous les bons soins attentionnes de DoM, elle a pu se refaire une petite sante et que chez quelqu’un il lui aurait ete peut-etre plus difficile de rester vraiment au calme.

Nous repartons a nouveau et la croissance du chaton semble s’etre stoppee sans avoir disparu pour autant.  Notre arrivee a Nijnyi Novgorod fut assez longue. Nous avons enchaine environ 80 km qui se sont soldes par une super mega montee proche des 15% que cnouskonpedale konsenseraitbienpasse … Mais avant ca, nous avons rencontre Vladimir et ses deux amis, eux aussi a velo. Nous les avons accostes pour leur demander s’ils ne connaissaient pas un magasin ou nous aurions la chance de trouver un porte-bagage avant. Celui de Cynthia avait un boulon casse dans le pas de vis. Impossible a reparer sans de vrais outils. Nos trois amis se sont alors proposes comme guides et nous ont emmenes jusqu’a ce magasin ou nous n’avons pas trouve de porte-bagage, mais ou nous avons rencontre Victor. Pour revenir a Vladimir, apres ces 20 km ensemble (nous qui croyions qu’il n’en restait que 5), il nous declare que nous lui avons ensoleille sa journee. Sa rejouissance faisait plaisir a voir et ca peut paraitre trois fois rien, mais ses mots nous ont touches et croyez le ou pas, mais apres ca on se sent bien et voire meme utiles. Ca ne s’explique pas, c’est comme ca.

Victor possede une usine qui fabrique entre autre des cadres de velos a partir de carbone. Il nous propose donc de demonter la fourche avant de Cynthia et de l’envoyer a cette usine a 20 km pour faire faire la reparation et la recuperer le jour suivant. La chose sera faite le jour suivant et celui d’apres, nous recuperions notre fourche et un porte-bagage remis en etat comme au premier jour. Merci Victor. Il parle tres bien anglais et son contact nous est precieux. Il sera peut etre notre solution pour eventuellement renouveler notre visa russe. A suivre …

Nous vous avons certainement deja parle de notre chere etoile qui nous suit et a qui nous donnons pas mal de fil a retordre. Elle nous surprend toujours par son aide precieuse et on se dit aussi qu’en fait plus on la sollicite, plus elle agit et plus elle prend son pied.

Plus haut nous parlions de cette infernale montee a l’arrivee de Nijnyi. Nous devions passer par la car notre point de rendez vous avec notre hote etait a son sommet. Et le magasin etait aussi a son sommet. Autrement dit, si notre hote avait fixe le rendez-vous avant cette cote (et qui plus est plus proche de chez lui), nous n’aurions jamais rencontre Victor. Tout ca pour dire que si parfois on se dit qu’on prefererait etre ailleurs, il faut penser que cet instant aboutira a une action qui aura un impact sur notre futur et que les choses doivent s’enchainer comme elles le font. Bien sur parfois la situation peut etre grave et semble n’aboutir a rien et la douleur qu’elle occasionne est penible voire insurmontable, mais c’est seulement apres des semaines, mois ou annees qu’on peut se dire que sans cela nous ne serions pas la ou nous sommes aujourd’hui. Tant que nous gardons en nous l’espoir que nous pouvons changer et ameliorer le recit de notre histoire, tout reste possible. Comme Cynthia aime a dire, c’est l’audace qui nous fait avancer … a mediter ou a oublier, c’est comme vous le sentez.

A Nijnyi, nous logeons chez Andrei. Une rencontre faite par l’intermediaire du site « hopitality club » (merci Helene pour le bon tuyau dont nous avons deja fait bon usage ;-)) Lui aussi voyage a velo. Sur des plus courtes distances et des durees moins longues car il n’a pas la meme chance que nous de pouvoir dire au boss qu’il prend trois ans de conges. Comme nous sommes entre deux week-ends, la rencontre se fait le soir et reste breve. Merci quand meme pour le coup de main. Ca parait pas, mais quand on nous met les cles entre les mains en nous disant, profitez de la ville et faites comme bon vous semble, ca facilite le voyage. Encore merci Andrei.

Apres quelques trifouillages sur les velos, quelques mails et une petite visite de la ville, nous repartons sous la pluie accompagnes de Vladimir (le meme qu’a notre arrivee) qui prendra le temps de faire 35 bornes avec nous. On prendra quand meme le temps a midi pour trouver un petit resto et lui offrir le repas. Vraiment sympa ce Vladimir.

Le surlendemain, nous avons pose la tente pres d’un monastere, pas plus moche ou plus joli qu’un autre, un monastere quoi. Nous y avons rencontre trois gars qui ont attrape DoM a la sortie d’un magasin sans lui laisser le temps de reagir et lui fourrer un verre de vodka dans la main droite, une saucisse et un bout de pain dans la main gauche. Le danger ne previent pas parfois et dans ces cas-la, il faut aller dans le sens ou les choses se presentent a vous. C’est ce que le valeureux DoM a fait. Sans broncher, il a enfile le premier et le deuxieme verre de deux coups de coude bien maitrises. Nos trois amis etaient deja bien amoches, mais en leur apprenant la direction que nous allions suivre le lendemain, ils nous ont mis en garde sur une zone ou nous pourrions rencontrer des hooligans (en Russe, des gens emmeches qui pourraient vous ennuyer) … Ce n’etait pas la premiere alerte du genre qu’on nous donnait et c’est l’esprit leger et des virages en lignes droites (pour DoM) que nous sommes repartis. Apres une bonne nuit bien fraiche sous dome (a savoir qu’en russe, maison se dit « dom » dixit DoM), nous repartons toujours l’esprit leger et la maitrise des vraies lignes droites. Quelques 20 km plus loin, une voiture arrive un peu vite derriere nous et freine au dernier moment derriere DoM. Elle nous depasse et s’arrete un peu plus loin. Sortent alors deux jeunes qui nous demandent de nous arreter. Nous reconnaissons un des deux que nous avions vu dans un village precedent et qui ne tenait pas bien droit. Un expert en vodka et biere nomme Anton. Sentant le coup foireux, nous nous decalons en tentant de leur expliquer que nous n’avons pas le temps de nous arreter. Frustres, il nous depassent a nouveau et mettent cette fois la voiture au milieu de la route. Juste avant d’arriver a leur hauteur, une voiture nous depasse obligeant Anton et son alcoolique d’accolyte a bouger leur carcasse et a nouveau nous profitons de la situation pour les depasser. La troisieme tentative fut la bonne. Ils ont stoppe leur voiture un peu plus loin leur laissant le temps de sortir et de se tenir debout au mileu de la route. Impossible de les eviter. Nous affichons un sourire crispe et stoppons nos velos devant eux. Nous jouons la carte des pauvres touristes qui ne comprennent rien a ce qu’on leur demande, mais les gestes ne trompent pas, ils ont besoin d’argent et n’hesitent pas au bout d’un moment pour nous dire que c’est pour acheter de la vodka. Le temps dure toujours plus longtemps dans ces cas-la et au bout d’un quart d’heure, 20 mn, voire une demi heure, alors que DoM etait pret a ceder la somme demandee (200 roubles, entre 6 et 7 euros), Cynthia arrete une camionnette qui passait par la. Le passager comprend alors vite la scene et consent a descendre pour calmer les cocos et nous dire de reprendre la route. Nous ne nous faisons pas prier et enfourchons a grande vitesse les velos. Peu de temps apres ca, Anton nous depasse a nouveau et bifurque a droite en direction d’un village tout proche.

Nous nous sommes alors mis dans une recherche tres active d’un coin planque pour nous remettre des emotions. Nous nous disions que nos « bandits » (c’est comme ca que Anton s’est presente a Cynthia) n’ont pas recu ce qu’ils attendaient et qu’ils n’avaient rien d’autre a faire (c’est un jour ferie) que de prevenir des collegues de la bouteille pour nous attraper un peu plus loin. A l’abri derriere nos fourres et a l’affut de chaque bruit de moteur sur la route a proximite, nous decidons que nous allons nous enfoncer encore un peu plus dans la campagne et passer la les deux prochaines nuits. Le lendemain etait ferie et nous nous disions qu’etant donne que nous ne passons pas inapercus, un simple coup de fil pouvait signaler notre presence et remettre nos assaillants sur nos traces. Et voila comment se mettre la pression et passer un jour entier en planque a filtrer de l’eau verte qui sent la vase, meme en nous disant que nos deux bougres n’etaient que des bandits d’un instant et qu’ils n’etaient pas si dangereux. La frustration et l’acool aidant, nous ne pouvions prevoir leurs reactions et nous avons simplement prefere jouer la precaution. Et puis comme ca, on s’est fait un p’tit jour de repos impose, mais peinard.

A nouveau nous avons repris la route, l’esprit un peu moins tranquile cette fois, tant que nous n’avions pas quitte la zone a « bandits ». Apres Nijnyi Novgorod, nous avons roule sur la rive nord de la Volga nous permettant ainsi d’eviter l’axe principal entre Moscou et Kazan bonde de poids lourds et, parait-il, est en mauvais etat. Surtout sur les bas-cotes de la route ou nous roulons nous, petits cyclistes vulnerables. Pour repasser de l’autre cote du fleuve, nous montons sur des ferries qui ne coutent pas cher et nous permettent de mettre les mollets au repos quelques minutes. Ca tombe bien, car la suite du programne, avant la prochaine halte, est un enchainement de cotes raides. Et une fois de plus, nous terminons une bonne jouneer de presque 80 km avec une mega cote en terre impossible a monter a velo. Et croyez-nous, tant qu’on peut rester sur les pedales on le fait car pousser les velos est encore plus dur ; c’est evidemment la ou c’est le plus raide que nous devons le faire. C’est la loi de la frustration. En meme temps, ca nous permet de travailler les bras et comme ca on sait pourquoi c’est encore plus dur de repartir le lendemain matin.

Ces cotes sont rudes, mais le cadre est superbe. On se trouve dans la republique de Mary El. Certaines rencontres insistent pour nous dire que nous ne sommes plus en Russie et que ca n’a rien a voir. Il est vrai que les facies commencent a changer, a s’arrondir et que la langue locale est differente, bien que tout le monde sache parler le russe. Nous ressentons un peu plus de depaysement et du meme coup un peu plus d’eloignement de vous, nos proches et amis. Ca sent un peu plus l’orient et les regards se posent differement sur nous. Il semble que nous suscitons un peu plus de curiosite. A une pause casse-croute, Arsene, musicien, n’hesite pas a nous jouer un bel air d’accordeon. Quelques instants plus tard, trois babouchkas toutes curieuses se joignent a notre accordeoniste pour danser et chanter en meme temps. Voila le type de rencontre qui nous fait chaud au coeur et qui nous donne encore plus envie d’aller un peu plus loin chaque jour.

C’est la semaine des premieres fois, avec en premier la rencontre avec nos bandits et aujourd’hui notre premier controle par la milice locale. Rassurez-vous, nous respections la vitesse reglementee et nos papiers sont en ordre. Mais ca n’a pas empeche nos deux kepis de nous assaillir de questions que nous avions du mal a comprendre. Ils ne savaient pas trop quoi faire de nous et apres quelques coups de fil au boss et un controle des numeros de visas, ils nous ont simplement souhaite bonne route. Merci chef !!

La suite de l’itineraire jusqu’a Kazan a ete jalonne de belles rencontres. Nous alternons les nuits sous la tente ou chez l’habitant avec de belles rencontres et d’autres un peu plus … comment dire … un peu plus russe-tiques. Par exemple chez la famille Romanoff. Les grands-parents, leurs enfants et leurs petits-enfants. Un accueil a la Romanoff, ca ne s’oublie pas comme ca. Ils etaient beaux et tres attentionnes. Les plus grands comme les plus jeunes. C’etait leur week-end en famille et le temps d’une soiree, ils nous ont integres dans leur foyer aussi facilement qu’un merci. On a meme eu droit au banya et aux bons produits laitiers fermiers. Un vrai beau souvenir qu’on est pas pret d’oublier. On vous donnera l’adresse si ca vous tente.

Et puis chez Kolia et sa maman, en plein milieu de nulle part. L’invitation s’est faite d’elle-meme. Kolia descendait du bus, de retour de la ville, et nous a entraines jusque chez lui. Surprise, la fille, son mari et leur fille arrivent un peu tard dans la soiree, apres une journee passee dans leur datcha ; nous serons 6 a dormir dans la meme piece … Nous sommes sous de bonnes auspices car la mere de Kolia a 76 ans et n’en finit pas de benir tout ce qui passe a sa porte, les velos y compris. Merci a eux pour leur simplicite et leur bonne humeur.

Et puis enfin Kazan. Nous decidons de remettre a demain notre arrivee sur la ville. D’abord parc’que ca nous ferait plus de 80 km ensuite parc’qu’il est un peu tard et surtout car nous ne savons pas encore chez qui nous allons dormir. Depuis plusieurs jours, nous n’arrivons pas a joindre Victor qui devait nous donner l’adresse de ses amis qui pourraient nous logeaient. Il ne nous reste que 30 km a faire que nous avalons dans la matinee suivante. Il n’est pas 11h00 a notre arrivee. En mangeant quelques pirochkis (sorte de beignets sales fourres) une femme nous demande d’ou nous venons et ou nous allons dormir. On lui explique que nous ne savons pas encore et que si elle a de la place, nous en serions ravis. OK dit elle. Rappelez   moi apres 17h00 sur mon portable et venez chez moi, meme si c’est tout petit. Ouf, nous ne dormirons pas sous un pont ce soir.

Plus tard, nous trouvons un centre telephonique pour a nouveau tenter de joindre Victor, en vain. Et puis nous profitons aussi d’Internet pas cher et rapide pour lire vos bons messages. Mmmm …  En meme temps que nous surveillons les velos, nous observons un gars pendu a sa corde en train de nettoyer les vitres d’un immeuble. Peu de temps avant qu’on se decide a bouger Boulat, qui avait apercu nos velos depuis son harnais, n’hesite pas a venir a notre rencontre et a nous demander ou nous dormons ce soir … Il a 24 ans et habite avec ses parents tout pres d’ici. Bon ben allez, va pour toi, on te suit et on appelera la femme qui s’etait proposee precedemment pour lui dire que nous avons trouve notre hote. En fait c’est lui qui nous a trouves … Et c’est depuis chez eux que nous vous ecrivons.

Une fois de plus, nous nous laissons aller aux bons soins de nos logeurs. Une fois de plus, nous nous disons que notre etoile fait du bon boulot. Une fois de plus, nous apprecions le voyage que nous vivons et qui ne finit pas de nous ravir. Meme si nous accusons quelques moments moins plaisants ou la fatigue s’accumule, ils sont si vite effaces par les cadeaux que la vie nous offre, que nous ne doutons pas de notre bien-etre. La route est encore longue, mais la vie est si courte. Pas de temps a perdre, prenons notre temps et laisons nous porter par le charme de notre periple.

A bientot pour la suite. Bizzzzzzzzzzzzzzzz a toutes et a tous. DoM & Cynthia 

Nous nous sommes amuses a glaner de-ci de-la, chez nos amis russes, des petites habitudes qui nous font sourire et/ou nous etonnent un peu.

Le toast porte avant de boire cul-sec le verre de vodka est un moment solennel et important. La personne qui porte le toast adresse un petit discours tres serieux que chacun ecoute avec beaucoup d’attention. Lire le reste de cette entrée »

C’est la derniere page d’un livre enchante que nous venons de tourner … Celui de la fabuleuse aventure de 28 enfants et ados, belges et russes, qui se sont rencontres durant 10 jours a Nerekhta, au coeur de la Russie europeenne. Leurs points communs : l’amour du chant et la fervente envie de rencontrer l’autre. Lire le reste de cette entrée »