Chers vous tous qui nous lisez avec passion ! 

Quelques nouvelles, le recit de nos aventures des dernieres semaines …

Nous avons quitte avec joie la ville de Cherepovets qui n’a pas ete notre plus belle experience. A la sortie de la ville (qui s’etend pas mal), nous nous sommes sentis liberes des que nous avons vu apparaitre les forets, les villages et les larges prairies. Mais un retour a la nature se merite et il nous a fallu pedaler pendant 15 km sous la pluie a travers un agregat d’usines metallurgiques et chimiques recrachant d’affreuses fumees qui bouchent totalement l’horizon. Autour de nous de grosses cheminees, d’etranges conduites allant dans tous les sens, une intense circulation de camions. Pas tres belle vision, sombre, des armatures rouillees tout autour, des vieilles carcasses un peu partout. Une image que nous avons trop souvent recue de ce pays, retour au temps de l’ere sovietique. Ca aussi nous l’aurons vecu et le vivrons surement encore … Ces dernieres annees n’ont pas ete suffisantes pour effacer ce passe. Nous nous sommes aussi sentis concernes pas l’ecologie, qui ne semble pas etre une grande preoccupation des dirigeants russes. Ni meme des gens … Trop souvent nous faisons demi-tour quand, cherchant un endroit pour pique niquer ou planter la tente, nous tombons sur des tas d’ordures deposes a la sauvette. Il semblerait que la gestion des dechets menagers soit tres peu organisee. Triste vision dans une nature abondante et genereuse …

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Ce jour-la nous arrivons au village de Miaksa, a la recherche de Leontiev, le directeur de l’ecole, qui nous avait ete recommande par un de nos hotes. En echange de l’accueil (nous etions loges dans l’internat) nous leur proposons de rencontrer les eleves et de parler de notre voyage. Il s’enthousiasme directement et nous met en contact avec Lena, la prof d’anglais. Nous representons une occasion malheureusement trop rare: rencontrer des etrangers et pratiquer l’anglais. Les langues se delient difficilement et plus aisement en Russe ! Mais Lena fera une super interprete, incitant et motivant les enfants a poser un maximum de questions. Ils ne nous voient plus comme des extra-terrestres, arrives chez eux sur d’etranges montures, et que peuvent-ils bien venir faire ici … Nous parvenons a faire passer notre message, a briser la barriere que peut constituer la rencontre d’un etranger, a temoigner qu’il est possible de se depasser, de vivre ses passions, de realiser ses reves.  Malgre les demandes pour que nous restions plus longtemps, nous reprenons la route. Leontiev nous conseille de nous arreter a Pochekhonie ; il peut y contacter une connaissance.

En chemin, Marina et German seront d’une generosite incroyable a notre egard. Marina nous a prepare des repas comme si nous etions arrives a 5 : crepes, chocolat chaud, soupe, oeufs frais, fruits au sirop, … y compris une petite bouteille de vodka rien que pour DoM ! Ils nous ont prepare un banya rien que pour nous nous ont loges dans un ancien wagon qu’ils ont surchauffe de peur qu’on ait froid ; on dormira a meme le sol pour tenter de capter des courants d’air froids mais rien n’y fait on a eu beaucoup trop chaud …

Arrives a Pochekhonie, nous rencontrons Micha, prof de gym au college. Nous passerons tout le weekend avec sa famille. Ils vivent a 5 (plus le chien saucisse) dans un petit appart mais ce n’est pas un probleme ; nous recevons meme une chambre rien que pour nous ! Micha etait inquiet de nous accueillir car il ne parle ni francais ni anglais, mais entre dico, dessins, mimes et tout de meme nos quelques mots russes, la communication a ete incroyable et nous avons passe une tres bon weekend.

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Encore un depart dechirant … Avant d’arriver a Yaroslav nous avons fait escale chez une babouchka qui vit avec sa fille et son petit fils et y avons experiemente l’incomprehension totale. Nos hotes ne comprenaient pas qu’on ne comprenne pas leur langue. Les femmes nous parlaient, nous parlaient, mais impossible de les comprendre ; elles nous epuisaient. Nous nous sommes pris d’un fou rire nerveux incontrolable et tres genant … Tout ca avec DoM qui se prend d’une allergie fulgurante aux chats. Pas etonnant, il y en avait 5 dans la maison … Apres une tres mauvaise nuit, nous nous sommes encourus, a la recherche d’air pur. Parce que toutes nos experiences ne peuvent pas etre les meilleures, mais quand meme on a bien ri …A Yaroslavl nous avons eu la chance d’etre accueillis par Valentina, Olga et Natacha. Bien que deja a l’etroit (elles partagent un petit appart) elles n’ont pas eu peur de mettre nos 2 velos, nos 2 remorques et toutes les fontes dans leur appart ; un vrai capharnaum ! De fil en aiguille, nous y avons fait pas mal de rencontres. Yaroslavl a aussi ete une escale culturelle avec la visite de quelques lieux historiques au travers desquels notre amie Ira, historienne, nous a guides. Nous avons aussi eu la chance de rencontrer Alexandre Petrov, realisateur de films d’animation, et qui a eu un oscar pour la realisation du Vieil Homme et la Mer. Un bijou, on vous le recommande vivement ! Nous avons passe un moment dans son studio et partage sur nos passions reciproques. Un homme tres humble qui etait enthousiasme par notre voyage et voulait toujours en savoir plus.Apres 1 semaine de repos a Yaroslavl, nous avons repris la route le coeur gros de nous separer a nouveau des gens qu’on aime … Le soir nous nous arretons dans un village. Comme a chaque fois, nous frappons aux portes pour demander un logis. Une premiere fois la maman sort suffocant a moitie et hurlant de nous en aller (en russe mais le body language ne trompe pas !), ce que nous avons vite fait. Une deuxieme maison nous ouvre sa porte mais la maman ne nous parle pas, ne nous regarde pas, ni ne nous offre le the (ca c’est incontournable !). Elle reste impregnee dans son feuilleton alors on se dit que quand il sera fini elle s’interessera un peu a nous. Et bien pas du tout ! Alors a 8 heures du soir, dans la nuit, avec les chiens qui aboient partout dans le village, nous avons recharge les velos et sommes partis nous installer notre petit nid douillet dans la foret. Un bon feu pour nous rechauffer et on etait bien mieux que chez maman ‘j’veux-pas-vous-parler’.Le lendemain, notre carte indiquant une route asphaltee nous quittons confiants la grand route. Notre direction part a gauche et, surprise, ce n’est plus de l’asphalte mais de la piste. Alors on avait le choix entre 3 jours de detour ou 14 km de piste hasardeuse. Nous choisissons la piste (bon ok c’est Cynthia qui a insiste !) mais peu assures car nous n’avions plus ni eau ni nourriture au cas ou il aurait fallu planter la tente en pleine foret. Nous avons parcouru 10 km (en 3 heures !) dans la bouillasse, avec les roues qui patinent, la boue qui gicle, les flaques d’eau immenses a traverser, … Tout crottes, a la nuit tombante, nous arrivons a un village et sommes accueillis dans un orphelinat ; incroyable, nous nous attendions a tout sauf a ca ! L’orphelinat a ete construit par Pere Andre, un pope orthodoxe, sans l’aide financiere du gouvernement. C’est avec Micha que nous decouvrirons le lieu et les activites qui s’y deroulent. Il y a une ferme qui permet a l’orphelinat de s’auto-suffire pour les legumes, la viande et les produits laitiers. Les enfants vont a l’ecole du village voisin. Il y a un mur d’escalade et pendant leurs vacances, les enfants partent faire de l’escalade, de la speleo ou grimper le Mont Elbrus (Caucase) ou le Pic Lenine (Pamir). Ils ont egalement recu des chiens de traineau et les entrainent pour l’hiver. Nous nous entendons bien avec Micha et la decouverte de ce projet et de toutes les activites qui gravitent autour nous met la puce a l’oreille : ce serait un bon lieu pour nous arreter cet hiver !!!

Depuis, il s’est passe encore du temps ; les choses ont evolue. Mais on se reserve pour un prochain courrier. On vous embrasse,

Cynthia & DoM

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